
Notre Vision:

Plus de beautés, d’empathie et de liens
La mer protégée est une immense source de beauté, pour le petit enfant qui met pour la première fois un masque, pour les anciens qui retrouveraient une richesse qu’ils n’ont plus connue depuis leurs jeunes années, pour les visiteurs de notre littoral. Des scènes oubliées de l’abondance et de la variété de la vie marine, des spectacles grandioses et étonnants aujourd’hui insoupçonnés sur nos rivages redeviendraient possibles.
Les réserves marines pleinement protégées constituent un antidote contre le découragement et le pessimisme face à la degradation de notre environnement, elles montrent que rien n’est perdu : les écosystèmes marins se reconstituent très rapidement lorsqu’ils sont protégés et bien surveillés.
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Elles donnent (ou redonnent) du sens : la restauration et la transmission d’un patrimoine naturel exceptionnel sont très inspirantes sur un plan pratique, esthétique et intergénérationnel.
Dès lors qu’elles s’incarnent dans des modes de décision locale, les réserves marines permettent de retisser des liens entre des parties différentes de la société, qui peuvent se retrouver sur des actions communes en faveur du retour des beautés et des surprises de la vie marine, du maintien et de la pérennité de savoirs faire, de traditions, d’activités liées à la pêche locale, aujourd’hui en recul.
Les réserves marines protégées sont un grand atout pour nourrir et renforcer la démocratie et l’engagement civique au niveau local : par le volontariat, la philanthropie, l’éducation avec les classes de mer ou les sentiers pédagogiques sous-marins, les labels en faveur de la pêche locale, les chartes avec les restaurateurs pour encourager les pratiques respectueuses des ressources.
Voir les opportunités plutôt que les risques
Les réserves marines constituent aujourd’hui une très grande opportunité sur notre littoral méditerranéen :
- Les acteurs locaux, des pêcheurs professionnels au sein des prud’homies de pêche, la presse, des maires, les scientifiques des universités littorales, la société civile, des acteurs économiques, sont intéressés, il y a une attente, les sentiers sous-marins dans les espaces protégés, les aires marines pédagogiques avec les écoles, comme à Cannes, sont de grands succès.
- Des idées nouvelles et des innovations sont mises en œuvre avec succès, notamment à l’initiative des prud’homies de pêche ou chez nos voisins, il est désormais possible de les déployer en Méditerranée française, à plus grande échelle.
- Des réserves marines protégées ont été initiées à l’initiative des communes et des pêcheurs professionnels locaux : historiquement à Carry Le Rouet, en Corse ou au Cap Roux dans l’Esterel et plus récemment à Agde, à Antibes, ou au Cap d’Ail.
- Il est possible d’utiliser les outils juridiques existants, sans coût budgétaire, tout en simplifiant fortement les procédures administratives actuellement très complexes, redondantes et dissuasives.
- Le travail scientifique a été fait, l’état des lieux est déjà très largement documenté, il n’y a pas besoin d’ajouter de nouvelles études aux études existantes.
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En dépit d’une communication souvent ambitieuse, la question des réserves marines est fréquemment abordée, en pratique sur le terrain, par les pouvoirs publics sous l’angle d’une approche très prudente.
Cette approche prend surtout et d’abord en compte les risques : risques de réactions négatives locales, risques d’impact sur les activités économiques, risques de “précédents” qui seraient mal reçus dans d’autres régions, risques de contentieux juridiques, risques de “perte de contrôle” sur le domaine public maritime en cas d’intervention des acteurs locaux etc.
Pourtant, ces risques sont fortement surestimés s’agissant de la Méditerranée.


Travailler en priorité avec les pêcheurs professionnels
Nous pensons que la création de zones de repeuplement, de ” pouponnières marines”, doit être recherchée en très étroit partenariat avec les prud’homies de pêche et les pêcheurs professionnels “aux petits métiers”, spécifiques au littoral méditerranéen :
Avec les scientifiques de terrain, les pêcheurs professionnels sont ceux qui connaissent le mieux la mer, les espèces marines et les sites sensibles et à protéger.
Les prud’homies de pêche sont à l’origine d’initiatives innovantes de protection marine avec la création de cantonnements de pêche comme historiquement à Carry Le Rouet, au Cap Roux et en Corse ou plus récemment à Antibes, Agde ou à Beaulieu
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Il est essentiel de reconnaitre les spécificités et les enjeux des activités de pêche littorale de la Méditerranée française (les bateaux et les pointus de pêche de moins de 10 mètres).
Les réserves marines protégées et surveillées, conçues comme des espaces de reproduction et de repeuplement, peuvent constituer un outil de pérennité de la pêche traditionnelle, en contribuant à la reconstitution des ressources.
C’est pourquoi, nos propositions mettent l’accent sur l’utilisation d’instruments juridiques qui accordent une large place à l’avis et l’association dans la décision des pêcheurs professionnels et de leurs prud’homies, comme les cantonnements de pêche et sur la mise en place de cadres juridiques nouveaux ou innovants permettant la création, la gestion et la surveillance de réserves marines protégées en Méditerranée française par les acteurs locaux.
Affirmer les spécificités de la Méditerranée
La pêche professionnelle est incarnée dans le Var et les Alpes Maritimes par des petites unités de moins de 10 mètres développant une pêche littorale (” les petits métiers”) structurée depuis des siècles par des organisations uniques, les prud’homies de pêche,
Les enjeux relatifs à la pêche professionnelle et à la protection des ressources marines y sont très différents d’autres espaces maritimes en France, du fait de l’absence de pêche industrielle sur les espaces littoraux mais de la forte pression exercée par la pêche de loisirs, sous toutes ses formes (pêche sous marine au harpon, pêche à la ligne depuis le littoral ou embarquée etc.),
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La trafic maritime littoral peut aussi y être très important, en particulier en été, avec des grandes unités de plaisance qui présentent des pressions spécifiques pour les activités de pêche professionnelle littorale.
La biologie marine de la Méditerranée est unique et spécifique, comme en témoignent les enjeux liés à la protection des herbiers de posidonies.
La Méditerranée est une mer fermée, très exposée au réchauffement climatique, aux pollutions sous toutes leurs formes, notamment plastique.
Elle est vulnérable à des menaces nouvelles présentées par des espèces invasives venues du canal de Suez, dont l’arrivée sur notre littoral n’est qu’une question de temps.
C’est pourquoi, les réponses et les solutions à ces enjeux doivent s’appuyer sur des cadres juridiques et institutionnels réformés qui reconnaissent ces spécificités.


Déléguer ou décentraliser au profit des acteurs locaux
Nous pensons que les plus grandes opportunités pour avancer résident dans l’octroi de larges marges d’action aux acteurs locaux, en particulier aux communes. En pratique, sur le terrain, ce sont elles qui détiennent la légitimité sur les questions intéressant le littoral. Elles pourraient aussi soutenir les services de l’Etat, par exemple en matière de police administrative pour verbaliser les infractions de braconnage, ce qu’elles ne sont pas autorisées à faire aujourd’hui.
Historiquement, la décentralisation s’est arrêtée au “trait de cote” (le bord de mer) et les communes littorales ne détiennent que des compétences très limitées dans la bande marine des 300 mètres et aucune en matière de protection de la mer.
L’état des lieux actuel montre cependant objectivement très simplement que l’Etat ne peut pas avancer seul sur ces questions.
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L’ organisation la plus adaptée est celle qui permettrait aux commune et aux acteurs locaux de créer, de gérer et de surveiller des réserves marines protégées dans le cadre de délégations du domaine public maritime accordées par l’Etat, selon des principes clairs et des délais d’octroi de la délégation encadrés et limités.
Certaines procédures le permettent aujourd’hui dans les textes mais elles sont appliquées de façon très prudente par les administrations de l’Etat et sont très lentes à mettre en œuvre (comme le transfert du domaine public maritime au Conservatoire du littoral qui peut le déléguer ensuite à des communes, par exemple).
D’autres options innovantes sont également présentées dans la partie du site sur nos propositions, s’agissant de concessions du domaine public maritime hors port.
Une alternative plus stucturelle serait un acte de décentralisation ciblée accordant aux communes, au même titre qu’aux régions, la compétence de créer, de gérer et de surveiller des réserves marines protégées.
Valoriser nos territoires
Les réserves marines donneraient un rayonnement, une richesse supplémentaire à nos rivages, elles montreraient qu’ils ne sont pas seulement des endroits uniques au monde pour leur patrimoine, leur histoire, leur cadre de vie, mais qu’ils prennent aussi en compte pleinement les enjeux de la protection marine, en prolongeant leur développement humain et économique par la protection des écosystèmes. La valorisation et la diversification de l’offre touristique des communes littorales et la protection des écosystèmes marins ne sont pas incompatibles. Au contraire, elles peuvent être complémentaires, avec un potentiel très important.
